Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Chroniques d'un enfant de la crise
Publicité

Une indigence politique de plus en plus perceptible

Une indigence politique de plus en plus perceptible

L’affaire Jérome Cahuzac soulève un vent de panique chez nos leaders politiques. Ils ont compris que les « affaires » portaient ombrages à leurs ambitions et à leurs crédits politiques. Par conséquent, une réponse rapide s’imposait. Mais laquelle ?

Mettre fin à l’Europe libérale et destructrice des nations ? Non ! Sortir de l’Euro, dévaluer puis restaurer la compétitivité du pays ? Non ! Réduire les fractures sociales qui gangrènent le pays ? Non, mieux que tous cela réunis. Pensant que les Français attendaient autre chose de leurs représentants, nos candidats, ont-ils jugé, plus simple, après une profonde réflexion, de se transformer en Français moyen, en se rangeant du côté de ceux qui souffrent, de ceux qui travail dure pour quelques euros à la fin du mois.

Génie des communicants ou réflexe de survie des politiques, le thème était lancé, il ne restait plus qu’à convaincre. En peu de temps, jamais on ne vit, chez tant d’illustres représentants de la nation un si grand souci de transparence. Jérôme Cahuzac avait menti à la nation, ils devaient montrer au monde leur probité morale, tel était le leitmotiv d’une bonne partie de la classe politique. « Je suis propriétaire d’une maison dans la Sarthe, achetée il y a vingt ans, 440 000 euros. J’ai moins de 100 000 euros d’épargne, et j’ai deux voitures qui ont plus de dix ans. Ma maison, je l’ai achetée 440 000 euros, en empruntant, aujourd’hui je pense qu’elle vaut à peu près 650 000 euros. C’est mon seul patrimoine » déclara François Fillion sur France 2. Dans un registre plus technique, Arnaud Montebourg déclara au Monde avoir été « nu propriétaire d’une propriété à Fixin, en Côte-d’Or, d’une valeur de 670 000 euros, partagés avec ma mère et donc divisée par deux. Elle a été vendues depuis »

Publicité
Une indigence politique de plus en plus perceptible

Du côté de l’exécutif, ce n’était guère mieux. François Hollande, grand adepte des formules creuses, promis un « choc de moralité ». Quant à Jean Marc Ayrault, son premier ministre, en déplacement en Bavière, il déclara « nous prendrons toutes les décisions les plus courageuses, les plus sévères qu’il faudra, pour faire reculer tous les risques d’atteinte à la loi, d’atteinte à la probité » puis insista sur un ton martial « je peux vous dire que ce que je suis en train de préparer sera d’une très grande fermeté ».

Rarement a-t-on vu autant d’énergie dépensé pour un si piètre résultat. Gageons que la prochaine affaire soit une affaire de mœurs et oblige nos représentants à se mettre à nu, preuve à l’appui.

Quel que soit les mesures prises, elles seront comme une tempête dans un verre d’eau. Elles feront beaucoup de bruit et d’agitation (médiatique) pour un résultat insignifiant. Lutter contre la corruption en votant de nouvelles lois sur les déclarations fiscales des députés, des sénateurs, des ministres ne remplacera jamais la probité individuelle, le sens de l’Etat et de l’intérêt nationale. Or l’Etat et l’intérêt national ont depuis longtemps disparu des préoccupations de nos élus. Partagé entre l’utopie Européenne (qui n’existera jamais) et le cumul des mandats locaux, nos élus n’ont cessé depuis 30 ans de poignarder et de vider l’Etat-nation de sa substance. L’accusant d’être le vestige d’une histoire passée et le siège d’un dangereux nationalisme, ils n’ont depuis pas cessé de la dépouiller de ces compétences au profit d’institution Européenne non élue et non démocratique. Pour s’en convaincre, il suffira au lecteur de se souvenir du référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen rejeté par 55% des Français puis adopté en 2007 par le parlement sous le nom de Traité de Lisbonne.

Quant à la probité, vaste programme, dira-t-on ! Il faudrait revenir sur plus de trente années de promotion de l’argent et de la fortune individuelle comme modèle d’épanouissement personnel.

C’est donc un énorme chantier en perspective qui nécessiterait années pour se mettre en place. Il est illusoire de penser qu’une plus grande transparence en politique sorte le pays de la crise dans laquelle il est plongé. Ces mesures de moralisation peuvent apporter un petit mieux dans certain domaine. Mais il serait vain de croire qu’elles rétabliront la confiance entre le peuple et ses représentants. Les Français veulent (évidemment) une république irréprochable (personnes apprécient d’être gouverné par des salopards) mais ils veulent d’abord et avant tout des emplois et une autre politique économique. Bref un avenir pour eux et leur enfant.

Une indigence politique de plus en plus perceptible
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article