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Chroniques d'un enfant de la crise
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Les malchances de Monsieur Bricolage

Monsieur Hollande n’a décidément pas de chance. A chaque tentative de sortie par le haut, deux boulets attachés à ses chevilles le ramène dans son abîme de médiocrité. C’est vraiment dommage de voir un homme aussi talentueux, chuter de plus en plus bas. Toutes ses combinaisons les plus ingénieuses et les plus raffinées pour détourner l’attention de son peuple des vrais problèmes tournent à son désavantage. Sans chercher loin dans nos souvenirs les plus reculés, rappelons brièvement quelques faits.

La Guerre du Mali : manœuvre fumigène avortée.

Rappel du contexte.

Pays jadis appartenant à l’ancienne empire colonial Français, le Mali (ou Soudan à l’époque) est devenu indépendant en 1958. Il est formé d’une partie sahélienne et d’une partie saharienne qui s’articule autour d’un bassin fluvial. Cette division géographique est également à l’origine d’une division géopolitique du pays entre une masse de population noire sédentarisée au Sud et une minorité nomade au Nord. En l’absence d’un état centralisé et d’une unité nationale forte, les nomades ou Touaregs sont entrés en rébellion dans les années 1990. Plusieurs mouvements se sont créés avec pour but de fonder un Etat indépendant au Nord, l’AZAWAD. Ces différents mouvements ont bénéficié jusqu’en 2012 du soutien discret de la Libye et de la Mauritanie. En janvier 2012, après la chute de Kadhafi, les Touaregs du MNLA défont l’armée Malienne et proclame l’indépendance de l’Azawad. Mais cette lutte est vite débordée par celle du Jihad. Le 6 avril, le MNLA proclame l’indépendance de l’Azawad mais quelque temps plus tard l’islamisme déborde le nationalisme Touareg. C’est à cette période que commence la destruction des mausolées

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Les malchances de Monsieur Bricolage

Attirer les regards sur un front extérieur.

Conscient de la menace sur les intérêts Français dans la région, au plus bas dans les sondages, notre Président stagiaire devait agir. C’est à ce moment que l’idée lui est apparue : Une guerre éclaire. C’est le meilleur moyen de redorer un blason terni et de protéger les intérêts du pays[1]. Déjà sous la République Romaine, les Consuls déclaraient l’état de guerre et invoquaient la menace extérieure pour dissiper les tensions entre les patriciens et les plébéiens.

Monsieur Hollande bomba alors le torse, redressa la tête et revêtit les habits de chef de guerre. En peu de temps, les Islamistes (soutenus par nos amis Qataris) furent chassés des zones qu’ils contrôlaient.

Une action politique sans grand éclats sur la scène nationale.

Après cette démonstration de force, Monsieur Hollande fut accueilli le 2 février comme un libérateur. C’est la première fois depuis mai 2012 que des personnes l’acclamaient et le félicitaient de son action. La 5ème République, en dépit de toutes les critiques que l’on peut lui adresser à cette vertu magique de transformer un médiocre en quelqu’un d’autre. La fonction transforme l’homme. Flamby fut tout ému de l’accueil qui lui était réservé. Jusqu’alors il pensait que pour devenir un grand homme, il suffisait de monter debout sur une table.

Ragaillardi par tant de soutien, il retourna fièrement dans le pays qui l’avait placé dans son fauteuil. A son arrivée, que de déception ! Dans leur ensemble les Français se souciaient peu du cas du Mali. En dépit d’une campagne médiatique intense pour justifier et légitimer l’intervention, la mayonnaise ne prit pas. Les Français se plaignaient de leur condition de travail quand ils en avaient un et les autres de leurs difficultés d’en trouver un. Que d’ingratitude de la part de ce peuple ! Les Maliens étaient gentils, doux, généreux alors que les Français sont ingrats, ils demandent des comptes à leur représentant politique. C’est un comble au 21ème siècle.

Les malchances de Monsieur Bricolage

L’affaire Jérôme Cahuzac : ou la décrépitude d’une république agonisante.

« Je n’aime pas les riches » nous avait dit le candidat Hollande. « Mon ennemi, c’est la finance » avait-il ajouté afin de convaincre ces futurs électeurs que son action politique tendrait vers la justice sociale et la moralisation de la politique. Bref, il allait mettre en place une république irréprochable. Moins d’un an après son élection, ces beaux discours ont volé en éclat.

Homme imminent du premier gouvernement Ayrault, Jérôme Cahuzac[2] après avoir démenti posséder un compte en Suisse, s’est finalement rétracté. Face à ses juges, l’homme a avoué. Il y a finalement un cœur sensible sous cette carcasse de muscle et d’arrogance. L’affaire Cahuzac mêlée aux récentes révélations sur l’ex-trésorier de campagne de François Hollande, Jean-jacques Augier[3], affaiblissent un Président déjà au tapis. Dans ces affaires François Hollande se retrouve en première ligne des critiques. Pour les plus accommodantes, le Président a fait preuve d’un excès de confiance de ses collaborateurs et d’un amateurisme des plus troublants. Les plus critiques[4] évoqueront un silence complice du chef d’Etat et du gouvernement afin de préserver l’un des leurs. Quoi qu’il en soit, ces deux affaires viennent une fois de plus égratigner l’édifice républicain déjà sérieusement endommagé.

En période de prospérité et d’opulence, les dérives des représentants sont accueilli avec un haussement d’épaule sans rien de plus, en période de crise, c’est davantage les couteaux que les Français ont envie d’aiguiser.

Plus généralement, ces deux affaires ajoutées à celles de Guérini, la mise en examen de Nicolas Sarkozy, les chevauchés de DSK …. , c’est tout l’édifice républicain qui est en train de brûler devant nos yeux. Pendant combien de temps encore l’édifice va-t-il tenir ?

Il est bon de se souvenir du passé et du climat des années 30. Le pays fut touché à partir de 1931 par la Grande dépression née en 1929 aux Etats-Unis. La crise économique et sociale frappait particulièrement les classes moyennes, le chômage progressait, passant de 273 000 personnes en 1932 à 340 000 en 1934. Le budget de l’Etat était déficitaire et le pouvoir se révélait incapable d’apporter des solutions. Les gouvernements se succédaient, constitués des mêmes hommes, trimballant les mêmes idées. L’antiparlementarisme, alimenté par une succession de scandale politico-financiers ( affaire Hanau, affaire Oustric, affaire Stavisky) grandissait dans le pays. Sans entrer dans plus de détail, il est évident que la situation passée à de grande similitude avec la situation actuelle. Je laisse au lecteur le soin de (re)découvrir par lui-même comment les choses ont ensuite évolué.

[1] http://www.lejdd.fr/International/Afrique/Actualite/La-guerre-au-Mali-peut-elle-faire-remonter-Hollande-dans-les-sondages-586046

[2] http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20130402trib000757129/l-affaire-cahuzac-une-histoire-politico-judiciaire-en-trois-actes.html

[3] Haut fonctionnaire Français, détenteur de compte bancaire dans les îles Caïmans.

[4] http://24heuresactu.com/2013/04/04/lelysee-savait-pour-cahuzac-depuis-decembre-le-point/

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